Extrait court
Faire preuve d’une posture éthique consiste à s’engager dans un processus réflexif continu guidé par des principes tels que la qualité, la sobriété numérique, l’équité, l’inclusion, la transparence, l’explicabilité et l’agentivité.
Définition courte
Attitude et engagement moral d’un individu ou d’une organisation visant à évaluer de manière critique et bienveillante les impacts de l’intelligence artificielle. Elle exige d’agir de façon responsable en veillant à ce que les choix technologiques respectent la dignité humaine, minimisent les préjudices et contribuent positivement à la société.
Définition longue
En éducation et dans le secteur public, la posture éthique ne se limite pas à appliquer de façon rigide des listes de règles ou à cocher des cases de conformité. Elle constitue plutôt une disposition intellectuelle et morale, une invitation à une pratique réflexive et délibérative constante face aux défis complexes posés par l’intelligence artificielle (IA). Concrètement, adopter une posture éthique exige du personnel enseignant, de la population étudiante et des établissements de s’interroger en amont sur la pertinence, les biais potentiels, l’impact environnemental (la sobriété numérique) et les conséquences sociales d’un outil d’IA avant son utilisation.
Sur le plan professionnel, cette posture s’articule autour de principes fondamentaux comme la bienfaisance (maximiser les bienfaits), la non-malfaisance (ne pas nuire), l’équité et le respect de l’autonomie. Face à l’évolution rapide des algorithmes, la posture éthique refuse l’esquive morale ou la délégation du jugement à la machine. Elle implique de maintenir l’humain au centre de la prise de décision, d’assumer l’entière imputabilité de ses actions et de préserver des environnements sécuritaires et respectueux de la diversité.
Éléments clés
- Processus réflexif continu : Nécessité de s’interroger de manière constante sur les impacts sociaux, environnementaux et pédagogiques des systèmes d’IA.
- Primat de l’humain et bienfaisance : Volonté de placer la dignité, l’agentivité et le bien-être des individus au-dessus de l’efficacité ou du solutionnisme technologique.
- Responsabilité inaliénable : Reconnaissance que l’humain demeure ultimement et moralement responsable des décisions prises avec le soutien de l’IA.
- Lutte contre les biais : Engagement actif à détecter et à atténuer les risques de préjudices, de discrimination ou d’exclusion engendrés par les algorithmes.
Exemple d’application
Lors de l’élaboration de son cours, une personne enseignante ou un département évalue l’impact environnemental des différents outils technologiques. Adoptant une posture éthique axée sur la sobriété numérique, l’équipe choisit de limiter l’utilisation de l’intelligence artificielle générative aux seules activités où elle offre une réelle valeur ajoutée pédagogique, et privilégie des ressources moins énergivores pour le reste des apprentissages.
Sources d’inspiration
- Conseil supérieur de l’éducation (CSE) et Commission de l’éthique en science et en technologie (CEST). (2024). Intelligence artificielle générative en enseignement supérieur : enjeux pédagogiques et éthiques.
- Ministère de l’Éducation (MEQ). (2025). L’utilisation pédagogique, éthique et légale de l’intelligence artificielle générative : Guide destiné au personnel enseignant.
- Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’intelligence artificielle et du numérique (Obvia). (2025). Glossaire de l’Obvia.
- Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). (2021). Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle.
