Extrait court
L’autonomie professionnelle implique de reconnaître la capacité des personnes enseignantes à déterminer elles-mêmes les modalités de leur enseignement selon leurs critères de qualité.
Définition courte
Capacité et droit du personnel enseignant d’exercer son jugement pour choisir ses méthodes pédagogiques et déterminer les modalités de son enseignement. Face à l’intelligence artificielle, ce principe exige que l’outil technologique ne soit pas imposé et qu’il ne supplante jamais l’expertise humaine ni la prise de décision de l’enseignant.
Définition longue
En enseignement supérieur, l’autonomie professionnelle est une valeur intimement liée à la liberté académique. Elle reconnaît que les personnes enseignantes possèdent les connaissances spécialisées pour prendre la parole, agir en tant qu’expertes et adapter leurs stratégies pédagogiques aux besoins de leurs apprenants.
Dans le contexte du déploiement de l’intelligence artificielle (IA), le respect de l’autonomie professionnelle dicte que la technologie doit demeurer un outil au service du jugement humain et ne pas mener à une fragmentation des tâches ou à une dépossession du métier d’enseignant. Ainsi, la prérogative de décider d’utiliser ou non l’IA générative dans les activités pédagogiques, ainsi que de déterminer les usages permis ou interdits lors des évaluations, revient directement aux personnes enseignantes.
De plus, pour éviter que l’innovation technologique ne soit imposée de façon unilatérale, les décisions entourant l’encadrement des usages de l’IA doivent être coconstruites avec le personnel, préservant ainsi l’autonomie tant individuelle que collective. Enfin, l’exercice réel de cette autonomie est tributaire des conditions mises en place par les établissements (ressources, temps, modes d’organisation du travail) et s’accompagne d’un devoir de responsabilité éthique face aux outils technologiques choisis.
Éléments clés
- Liberté de choix pédagogique : Capacité du personnel enseignant à déterminer lui-même ses méthodes et le recours (ou le refus) aux outils d’IA selon ses propres critères d’alignement pédagogique.
- Lien avec la liberté académique : Prérogative de diriger son enseignement à l’abri d’une instrumentalisation politique ou de pressions économiques.
- Refus de la substitution : Assurance que l’IA demeure un complément à l’expertise humaine et ne remplace pas le rôle central ni le jugement professionnel de l’enseignant.
- Dimension collective et coconstruction : Nécessité d’impliquer le personnel dans l’élaboration des politiques institutionnelles et de refuser l’imposition technologique descendante.
- Corollaire de la responsabilité : L’autonomie s’exerce de pair avec une responsabilité professionnelle obligeant l’individu à évaluer rigoureusement les bienfaits et les risques de la technologie sur les apprentissages.
Exemple d’application
Une personne enseignante décide de ne pas recourir à un système d’évaluation automatisé par l’IA pour corriger les examens de ses élèves, jugeant que cette tâche lui est essentielle pour bien comprendre leurs difficultés d’apprentissage.
Sources d’inspiration
- Cégep de Trois-Rivières. (2025). Énoncé de principes et 9 principes directeurs en IA.
- Comité école et société (FNEEQ-CSN). (2023). Intelligence artificielle en éducation : De la mission à la démission sociale : replaçons l’humain au cœur de l’enseignement.
- Conseil supérieur de l’éducation (CSE) et Commission de l’éthique en science et en technologie (CEST). (2024). Intelligence artificielle générative en enseignement supérieur : enjeux pédagogiques et éthiques.
- Ministère de l’Éducation (MEQ). (2025). L’utilisation pédagogique, éthique et légale de l’intelligence artificielle générative : Guide destiné au personnel enseignant.
